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23/11/09 Conférence sur l'eau

Avec Gerard Collomb, maire de Lyon, j'ai ouvert la conférence organisée par Cité et Gouvernements locaux unis, qui réunissait à Lyon, les principaux acteurs de l'eau en Méditerranée.

La problématique de la gestion de l'eau sur le pourtour de la Méditerranée est une question centrale de l'Union pour la Méditerranée (UpM).
Les éléments démographiques, économiques et climatiques sollicitent toujours plus les ressources autour du bassin mediterranéen et exacerbent les tensions liées à leur répartition.
427 millions d'habitants dans le pays riverains aujourd'hui, 525 dans 15 ans, 200 millions de touristes, une urbanisation de 50% aujourd'hui et de 80% dans 20 a 30 ans...en 2025, 63 millions de personnes seront en situation de stress hydrique!
Les enjeux sont énormes et mobilisent les acteurs des territoires.

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous souhaite la bienvenue au nom de la Commission Méditerranée de CGLU (Cités et Gouvernements locaux unis) et de Michel Vauzelle, vice-président de la Commission et président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui n’a pu se joindre à nous suite à un empêchement de dernière minute et qui m’a demandé de le représenter. Je vous transmets aussi les salutations de M. Abdel Mounim ARISS, maire de Beyrouth et président de la Commission Méditerranée.

La Commission Méditerranée de CGLU a pris une part active dans la préparation de cette conférence placée sous la coprésidence de l’Egypte, de la France et de la Suède.

La Commission Méditerranée est une plateforme de concertation et d’échange des autorités régionales et locales de la Méditerranée ainsi que de leurs réseaux et associations. Elle a organisé les 22 et 23 juin 2008 le premier Forum des autorités régionales et locales de la Méditerranée. Dans la Déclaration finale de ce Forum, les élus locaux et régionaux de la Méditerranée ont souhaité être associés aux institutions du partenariat euroméditerranéen. Nous avons commencé à être entendus. Le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement le 13 juillet 2008, puis la Conférence des ministres des Affaires étrangères les 3 et 4 novembre à Marseille, ont reconnu pour la première fois le rôle des niveaux régional et local dans l’Union pour la Méditerranée.

Dès lors les associations d’autorités régionales et locales réunies au sein de la Commission Méditerranée de CGLU et le Comité des Régions ont souhaité que soit créée une Assemblée régionale et locale euroméditerranéenne, ARLEM, permettant aux gouvernements régionaux et locaux d’être associés aux institutions du partenariat euromed. La situation au Proche-Orient a retardé la création de l’ARLEM de même qu’elle freine considérablement la mise en place de l’Union pour la Méditerranée. Toutefois l’ARLEM pourrait se réunir pour la première fois en janvier à Barcelone, sous la présidence espagnole de l’Union européenne.

Aussi est-ce avec beaucoup d’intérêt que nous avons répondu à la proposition du ministre français de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, et au ministre égyptien des ressources en eau et de l’irrigation, Mohamad Nasr Eldin Allam, au titre de la coprésidence de l’UpM, d’apporter notre contribution à l’élaboration de le stratégie « eau » de l’Union pour la Méditerranée.

L’accès à l’eau, la gestion de l’eau, sont une des préoccupations majeures des régions et villes méditerranéennes, d’autant plus quand le réchauffement climatique menace d’aggraver la sécheresse, provoque des événements météorologiques très irréguliers et inédits, dans un espace – le bassin méditerranéen – très sensible, fragile et vulnérable.

Après la conférence ministérielle de décembre 2008 en Jordanie, après le Forum mondial de l’eau à Istanbul en mars 2009, cette rencontre est une nouvelle étape vers une Stratégie méditerranéenne de l’eau : une stratégie que nous voulons à la hauteur de cet enjeu majeur que représente la gestion de l’eau dans le monde euro-méditerranéen ; une stratégie partagée par tous ; une stratégie opérationnelle, avec des objectifs clairs et des projets définis, et avec des moyens financiers mobilisables.

D’une région qui comme Provence-Alpes-Côte d’Azur se trouve, grâce à des investissements séculaires, à l’abri du stress hydrique, nous apercevons combien, à l’échelle de la planète, nous sommes à un réel tournant de l’histoire de l’eau. Les plus hautes instances, les gouvernements, ont trop tendance au moment de décider à oublier le rôle majeur des collectivités. Il n’est pour s’en convaincre que de se rappeler que la déclaration ministérielle du Forum mondial de l’eau a oublié les autorités régionales et locales, comme si elles ne jouaient aucun rôle dans la distribution de l’eau, la gestion de l’eau, son assainissement.

L’UpM repose sur le principe fondateur d’une participation active des autorités locales et régionales, et par là, de la société civile. Il y aura bientôt un an, la conférence ministérielle sur l’eau tenue en Jordanie a dessiné les orientations d’une Stratégie pour l’eau en Méditerranée et nous a interpellés.

Nous avons répondu présent au Forum d’Istanbul en présentant nos analyses et nos propositions au sein des différentes sessions : tout particulièrement lors de la session méditerranéenne ; ou encore lors de la session conjointe des parlementaires et des autorités locales .

Et même si nous n’avons sans doute pas été assez entendus à Istanbul, nous avons pris position – certes dans un contexte qui dépassait le monde méditerranéen mais au sein duquel le monde méditerranéen a pris une très large place – en   adoptant le consensus d’Istanbul.


Gilles pennekin, responsable developpement territorial de l'UpM, Tarik Kabbage, Maire d'Agadir, Mohamed Motaleb, Master Deputy du ministère égyptien de l'eau et Fernando Campos, président de l'association nationale des municipalités du Portugal

 

 

Nous avons solennellement affirmé, selon les termes même du Pacte, « notre volonté de mettre en œuvre des approches intégrées dans la gestion de l’eau pour « construire des passerelles pour l’eau », pour renforcer la capacité de nos villes et régions à faire face aux pressions externes grandissantes et contribuer ainsi au développement durable. »

Nous avons lancé un appel à l’action des gouvernements locaux et régionaux pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) pour l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous nous sommes engagés à agir.

Nous ne pouvions donc que répondre présents quand M Jean-Louis BORLOO, ministre français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, a proposé l’organisation, avec les collectivités territoriales, d’une Conférence internationale sur la « Contribution des autorités locales et régionales  à la stratégie pour l’Eau de l’Union pour la Méditerranée» .

Et si nous devons saluer cette démarche du ministère Français de l’Ecologie et du Développement durable, il nous faut aussi remercier vivement les principaux organisateurs de cette grande conférence : le Grand Lyon et son Président Gérard COLLOMB qui nous accueillent, Cités Unies France, et le Programme Solidarité Eau qui a assuré la maîtrise d’œuvre de la conférence.

Nous devons aussi remercier toutes celles et ceux, personnalités, élus, experts, opérateurs et acteurs économiques, venus de l’ensemble de la Méditerranée pour confronter des points de vue sur les enjeux actuels et futurs de la gestion de l’eau en Méditerranée, sur les actions à conduire, pour échanger, exprimer nos attentes et définir des projets, et surtout faire part de nos propositions.

Notre contribution sera débattue, à partir d’un projet de texte qui exprime fortement l’enjeu que représente pour nous l’adoption d’une grande stratégie méditerranéenne pour l’eau, nos inquiétudes au regard d’un contexte difficile marqué par une répartition très inégale des ressources en eau, la croissance démographique associée à un phénomène généralisé de littoralisation des populations et des activités, un risque de crise alimentaire avec une agriculture qui doit croiser les enjeux du développement et ceux de la rationalisation et de l’efficience, et naturellement aussi les risques d’un multiplication des épisodes critiques liés au changement climatique.

Ce sont là, dans une Méditerranée où à l’eau se trouve associée une dimension symbolique, mais aussi une dimension économique, de pouvoir, autant de points de tension possible lorsqu’il faut assurer le partage de l’eau, entre les Etats, mais aussi tout simplement entre les usages.


Au regard de tels enjeux, et même si nous savons que sur les rives nord, sud et est de la Méditerranée l’organisation de la gestion de l’eau varie fortement, les proposition des autorités locales et régionales mettront l’accent sur les questions de gouvernance et de l’articulation des rôles entre pouvoir central et acteurs locaux, et, corrélativement sur la question des financements.

Nous sommes en effet conscients de l’acuité des difficultés auxquelles il nous faut apprendre à nous préparer, à adapter nos économies et nos organisations, dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Une stratégie méditerranéenne pour l’eau est indispensable.

Mais, faut-il le préciser, que serait une stratégie sans projets et sans moyens de financer ces projets ? Les autorités locales en Méditerranée sont des acteurs à part entière chargés d’assurer aussi bien l’accès à l’eau que la dépollution de leurs rejets. Elles entendent l’assumer, mais ce qui est en jeu, sur toutes nos rives, pour nombre de nos territoires, ce sont des projets considérables qui induisent la mobilisation de moyens tout aussi considérables.

C’est pourquoi, nous devons sans doute regretter que l’UpM n’ouvre pas directement vers des financements nouveaux, à la hauteur des enjeux et des besoins qui émergent.

Mais c’est pourquoi aussi nous nous félicitons de ce que notre journée de demain soit fortement consacrée à la confrontation de ces enjeux avec les grands bailleurs de fonds, méditerranéens et internationaux. Nous devons mieux connaître leurs objectifs et leurs lignes et modalités d’interventions, pour mieux construire les projets sur nos territoires, pour élaborer des projets que l’on dit « bancables ».

Ce travail d’ingénierie financière ne doit pas être à sens unique, car l’existence de lignes d’intervention financière préexistantes ne doit pas nécessairement surdéterminer nos projets. Il convient aussi que ces journées soient l’occasion pour les financeurs d’entendre les préoccupations des territoires, de mieux connaître leurs projets. Ils doivent être rassurés sur leur fiabilité, leur qualité et leur adéquation avec les besoins prioritaires.

C’est donc sur les projets que porte le deuxième volet de la contribution des autorités locales et régionales. Autour d’un principe d’action fondamental, l’autonomie et la solidarité internationale,  CGLU promeut la coopération internationale et décentralisée.

C’est pourquoi un appel à projets de coopération décentralisée dans le domaine de l’eau a été lancé dans le cadre de la Conférence. Les réponses ont été nombreuses et riches et la sélection difficile. Les projets qui seront présentés durant ces deux journées doivent nous permettre, au-delà d’une simple labellisation qui pourrait n’être que très formelle, d’avancer sur la définition de critères de sélection, pour des projets qui soient réellement équilibrés et partagés, et par tant démonstratifs de ce qu’il est possible de faire.

L’eau en Méditerranée est une question éminemment politique : on ne s’étonnera pas que les autorités locales et régionales qui sont des instances politiques s’y impliquent fortement, pour agir.

Nous étions il y a quelques mois, pour la plupart d’entre nous, à Istanbul où nous avons pris des engagements forts, pour la gestion de l’eau et de l’assainissement dans le monde. Le prochain Forum restera méditerranéen puisque nous vous accueillerons en 2012 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, à Marseille, pour un Forum Mondial de l’Eau qui doit être, après tant d’avancées, celui des choix et des décisions partagées construites grâce à des journées d’action aussi riches que celle d’aujourd’hui. Le partage de l’eau n’est-ce pas le plus beau symbole de paix dans des pays aujourd’hui en conflit !

Je vous remercie.

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