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Le Plan est mort, ressuscitons-le !

Le Plan est mort, ressuscitons-le !

C'est sous cette apostrophe que MICHEL WIEVIORKA, sociologue connu de tous, relançait cette idée qui aurait été trouvée ringarde dans les années du néolibéralisme triomphant et qui aujourd'hui commence à faire son chemin : le moment n'est-il pas venu de relancer le Plan ? Le terme a certes été remisé au magasin idéologique de la défunte Union soviétique, tant il évoque une planification autoritaire et bureaucratique tournant à l'absurde et contribuant à la débâcle.

Mais il ne faudrait pas oublier que la France, après guerre, a mis en place une planification souple, intelligente, et qui n'a été délaissée puis détruite qu'à partir des années 1990.

Le meilleur du Plan à la française est qu’il accordait une place centrale à la discussion longue et prolongée entre toutes sortes d’acteurs, responsables d’entreprises, syndicalistes, hauts fonctionnaires, experts, dirigeants politiques et associatifs, etc. Il était incitatif, comptant sur la négociation et l’intelligence des acteurs pour dessiner le cadre économique et social de la vie collective à venir avant que le pouvoir politique prenne les mesures permettant d’atteindre les objectifs. Pour redonner aux Français des repères sur ce que pourrait être un futur maîtrisé, une gauche responsable devrait envisager de recourir à un tel outil.

La première fonction d’un nouveau Plan serait d’affiner l’image de la société qu’il s’agit de promouvoir, de préciser la philosophie politique guidant l’action, d’indiquer les modalités générales du vivre ensemble qu’il s’agit de promouvoir.
Sa deuxième fonction serait d’inventer les indicateurs permettant de mesurer l’impact des politiques retenues : la question n’est pas de mesurer, comme dans les secteurs de base retenus pour le Ier Plan (Plan Monnet, 1946-1952), les quantités d’acier ou de charbon produites… ni même de fixer des objectifs de croissance de la production intérieure brute. Ce sont de nouveaux instruments qu’il s’agit de construire, de façon à apprécier les progrès de la justice sociale, de la diversité et de l’action contre les discriminations, le respect de l’environnement, ou l’évolution des modes d’organisation du travail dans les entreprises. La discussion fait rage, partout dans le monde, à propos de cet enjeu, ce qui indique bien l’importance qu’il y a à penser à l’aide de catégories renouvelées.

La troisième fonction du Plan serait de créer les conditions du dialogue permanent entre acteurs, de façon à constituer un espace de médiation qui fait défaut - un espace qui aurait de surcroît valeur pédagogique et de formation à la responsabilité collective pour tous ceux qui s’y aventureront, à partir de quoi un effet «pollen» pourrait, à terme, enrichir en de nombreux lieux aussi bien la réflexion que l’action. Enfin, sa quatrième fonction serait de préparer les recommandations politiques devant être mises en débat au Parlement.

Même si le pouvoir vient de rétablir la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar), un éventuel retour au Plan est plus à attendre de la gauche que de la droite, qui a oublié les leçons de De Gaulle lorsqu’il en parlait comme d’une «ardente obligation». Le pilotage à courte vue et la réaction à l’actualité, la clientélisation des mesures fiscales, une approche sectorialisée de la société semblent caractériser son action bien plus qu’une quelconque vision globale et de long terme.
Un Plan ne réglera pas tous les problèmes, et il lui faudra penser l’avenir dans un contexte mondial imprévisible. Mais il mettra en relation les valeurs, la vision générale de la société de demain, les moyens et les ressources nécessaires pour la construire. Il offrira des repères transparents et réalistes, des pistes, des évaluations, des possibilités de mieux contractualiser les relations entre l’Etat et les collectivités locales, à partir desquelles la confiance et la solidarité pourront renaître.


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30/04/2010 15:58

liliane

Merci pour cet excellent article qui réactualise la prise en compte de paramètre sociétaux dans les décisions économiques - la micro-économie libérale l'a fait depuis longtemps à sa manière - on en voit les effets pervers (ex. le calcul de la rentabilité des soins portés aux personnes âgées).
Revisiiter la prévision économique, la décision planifiée en intégrant les valeurs de solidarité,de protection de l'environnement etc... est de la plus grande urgence.
Mais quel courage il faudra pour le tranfert dans la réalité économique !
Je retiendrai la formule "effet pollen" qui rappelle comme l'intelligence collctive est supérieure à l'intelligence issus d'intérêts corporatifs et surtout aux calculs des lobbyes de toutes sortes.

 

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