• Après avoir accusé le PS de faire le lit de l'extrême droite, ils ont traité les journalistes de fascistes.
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Après avoir accusé le PS de faire le lit de l'extrême droite, ils ont traité les journalistes de fascistes.

Après avoir accusé le PS de faire le lit de l'extrême droite, ils ont traité les journalistes de fascistes.

Quand, depuis la chute du système stalinien, avait-on assisté, de la part du pouvoir établi, à un tel déferlement de violences verbales dirigées contre l'investigation journaliste en général et les medias dissidents en particulier.

Quand depuis l'époque où les procureurs moscovites traitaient ceux qui osaient dénoncer leurs dérives de « vipères lubriques » ou de « rats visqueux » a-t-on osé qualifier des organes de presses de « fascistes », de « collabos » d'hitléro-troskistes » de «crapuleux», «d'immondes», parce qu'ils avaient osé des témoignages dérangeants pour les autorités en place. Hystérie.

En Italie, pour moins que cela, parce qu’une loi berlusconienne veut interdire aux médias d’utiliser des extraits d’enregistrements non officiels, tous les professionnels de l’information sans exception, ceux de gauche, de droite, du centre, ont fait unanimement grève. Silence radio, silence télé.

Hors, en France à l’exception d’un communiqué de Reporters sans frontières, où sont les réactions unanimes des syndicats de journalistes (et d’ailleurs des syndicats tout cours) , des fédérations professionnelles des patrons de presse, des organismes représentants, toutes les formes de média. N’est-ce pas la profession tout entière, calomniée, insultée, et pire criminalisée, qui devrait exiger des excuses publiques, prendre l’initiative de boycotter les insulteurs, de porter collectivement plainte aux cotées de Médiapart ?
Il y eu quelques saines réactions : Maurice Szafran, Laurent Joffrin entre autres.

Mais pourquoi cette pusillanimité masochiste de tant d’autres ? Se rendent-ils compte qu’il y va tout simplement de leur honneur ?

Affaire Woerth: une défense classique…et pathétique


François Baroin, mardi, à l'Assemblée, accuse l'opposition de faire le jeu de l'extrême-droite
Qu’Eric Woerth se défende avec vigueur, c’est normal. Que ses collègues de l’UMP s’en déclarent solidaires, c’est également dans l’ordre des choses.

Et d’ailleurs, on aurait tort de transformer en chasse à l’homme ce qui n’est que la mise en lumière d’un système.

Certes, Eric Woerth n’est sans doute pas le parangon de vertu que sa mise et sa posture de petit intendant besogneux de lycée de province donnent à croire. Son rôle dans les affaires Mancel (il suffit de lire les attendus des décisions de justice) ou au côté de la fameuse Louise-Yvonne Casetta qui organisa, pour le compte du RPR, le racket des fournisseurs de la Ville de Paris, en témoigne. Ainsi – cela finira également par sortir -, les conditions pour le moins étranges de la vente de terrains à Chantilly.

En revanche, en tant que trésorier de l’UMP à la fois président du club des plus gros donateurs à la campagne sarkozyste et ministre du Budget, il n’est pas exclu qu’il n’ait jamais mis le moindre fifrelin dans sa poche et que son honnêteté personnelle ne soit, en la matière, nullement en cause. L’argent, ça n’était pas pour lui, c’était pour faire élire Nicolas Sarkozy. C’est tout le problème. Ou, plus exactement, il s’est contenté de démontrer au pouvoir de l’argent qu’il avait tout à gagner à placer l’argent au pouvoir. Ce pourquoi, effectivement, sa chute entraînerait l’examen impitoyable du système lui-même.

Cependant, une certaine stratégie de défense qui consiste à invoquer un complot, à dénoncer un chef d’orchestre clandestin, à stigmatiser hargneusement la presse en général et accuser les socialistes de tirer les ficelles de cette histoire, est assez pathétique.

Rappelons les faits :

  • 1) cette affaire - ou ces affaires – n’est sortie qu’à la suite d’une pure conjonction de hasards résultant d’un conflit non maîtrisé entre une mère et sa fille ;
  • 2) elle est la conséquence directe d’un fait absolument incontestable, unique dans le temps et dans l’espace (il n’y a, à ma connaissance, par d’autres exemples), à savoir que le même homme a pu être à la fois ministre du Budget, trésorier du parti majoritaire et président du club formé par les plus gros donateurs à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, et, qu’en prime, il a fait engager sa propre épouse comme co-gestionnaire d’une fortune dont on avait toutes les raisons de penser qu’elle échappait en partie au fisc…avant de remettre la légion d’honneur à ce si gentil employeur ;
  • 3) les journaux, qui dans n’importe quel autre pays démocratique se seraient immédiatement enflammés (on imagine la presse américaine, anglaise ou espagnole), ont mis huit jours avant de réagir. Les deux principaux journaux d’opposition (Le Monde et Libération) sont restés très modérés et même en retrait, tandis que l’hebdomadaire officiel de gauche, Le Nouvel Observateur, n’a pas consacré de « une » à l’affaire Woerth avant aujourd'hui. En fait, outre Mediapart et, en partie, Marianne, les journaux qui ont contribué le plus aux révélations sont Le Point, Le Journal du Dimanche et La Tribune de Genève — autant de publications qu'on peut difficilement considérer comme des brûlots socialistes. Ajoutons que si l’affaire Woerth est, en effet, désormais, abordée presque chaque jour par les journaux, en revanche, l’affaire Eric Peugeot et l’affaire Wildenstein, ont été quasiment étouffées ;
  • 4) le PS – à l’exception d’Arnaud Montebourg – n’a jamais été à l’avant-garde de cette affaire, n’a pas demandé la démission de Woerth et s’est même plutôt fait accuser de mollesse par ses militants ;
  • 5) un certain nombre de points rapportés par Mediapart ou d’autres journaux se sont d’ores et déjà révélés totalement vrais. Ainsi, les chèques que Patrice de Maistre a fait signer par Madame Bettencourt à l’ordre de Valérie Pécresse et d’Eric Woerth (ce qui n’était d’ailleurs pas illégal). Dans un premier temps, les deux intéressés ont catégoriquement démenti. Or, aujourd’hui, tout le monde a dû admettre que c’était exact ;
  • 6) si la presse avait tout étouffé, avait participé à une conjuration du silence, si on avait donné à l’opinion l’impression que les journalistes, les élus, les gens d’en haut, se tenaient tous par la barbichette, étaient complices, si, enfin, on avait laissé Marine Le Pen, seule, dénoncer les affaires qui indignaient l’opinion, c’est alors, pour le coup, qu’on aurait fait le jeu du populisme.

 

Brèves

Le député UMP, Lionel Luca : « lors de l’affaire DSK, la droite avait été moins agressive que la gauche aujourd’hui à propos de l’affaire Woerth ». Petit détail : DSK, lui, avait démissionné puis a été blanchi.


Nicolas Sarkozy à Brie-Comte-Robert déclare : « c’est étonnant de voir le pays s’emballer sur une calomnie au lieu de se passionner pour les grands sujets ». Remarque juste. Mais qui, le jour où 2 millions de personnes étaient dans la rue contre la réforme des retraites a décommandé une rencontre prévue avec les ONG qui voulaient l’entretenir des dossiers importants abordés par le G20, pour s’entretenir plusieurs heures avec le footballeur Thierry Henry et lancé les Etats Généraux du foot.

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20/07/2010 11:45

Ghislaine Moullet
Les Lois ne sont même pas respectées par les plus hautes instances de La France, tout au moins cela devient voyant, et tous serrent les dents pour ne pas être dans la lumière.
Je suis étonnée que personne n'évoque une possible annulation des élections de 2007...  

13/07/2010 00:48

patricia klemensiewicz
Ah! enfin, je me demandais pourquoi ce silence alors que brûle l' information sur l'avenir des puissants et des faibles.... Après réflexion, une possible explication du système Sarkozy: Pas de capacité a mettre en place des actions pour un avenir stable et responsable.
Par contre l'emploi des moyens médiatiques incessants qui tantôt dorent son blazon, tantôt le mettent en berne pour espérer mieux rebondir. Donc la presse est l'outil majeur qui permet de gruger. Quelle stratégie ! dangereuse pour les présidentielles. On divise à gauche, on perd l'électeur dans son raisonnement ou on l'endort à coups de frasques , de ragots qui lui permettent d'exister à tout prix. Ma préoccupation (politique fiction, j'espère) est qu'il ouvre une voie royale au F.N pour espérer se retrouver au deuxième tour et obliger les électeurs à l'élire. Mais je me rassure en constatant qu'il à un train de retard permanent. Il "copie colle" la politique ultra libérale de Bush et Obama arrive. Il s'agenouille en écologie et la fustige sans complexe, il veut le système sub prime et la crise arrive aux U.S. La presse devient la chienlit alors qu'il ne vit que par elle. Longue liste et pour ne pas lâcher prise incessamment rappeler les tactiques poudre aux yeux. mais ça gratte le regard et peut-être par delà la peur, le choix de 2012 sera intelligent sensé, lucide.
La science fiction devient souvent réalité....
Y a du boulot...
Pas fictivement vôtre.
Pat.K

12/07/2010 17:00

m15
Je suis abonnée à Mediapart depuis ^plus d'un, j'ai donc suivi depuis le tout début l'affaireBETTANCOURT/WOERTH/SARKOZY et toutes ses implications politiquo-judiciaires et je pense que notre parti ne s'est pas suffisamment engagé pour dénoncer lla trahison de la république et de ses règles.Il y a lieu de protester aussi pour la mort de 11 techniciens et ingénieurs français dans l'attentat de Karachi suite à l'affaire des sous-marins livrés au Pakistan.    

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