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Comment sortir la banlieue du placard ?

Comment sortir la banlieue du placard ?

Quelques reflexions utiles

Faire émerger des élites politiques locales.

Au moment ou le PS travaille à sa rénovation, le premier enjeu est de faire émerger des élites (politiques) locales. Regardons les expériences étrangères. Un exemple utile : les Etats-Unis. Ils ont une belle capacité à faire émerger les élites locales et une habileté à faire vivre les communautés.

Barrack Obama en est l’exemple le plus emblématique : il était organisateur de communautés au début des années 1980. Ce rôle est beaucoup plus que celui de grands frères : il s’agit d’une fonction d’éducateur, d’animateur et d’agitateur politique (plus que le volet social, il y a une logique de rapport de force et de contre-pouvoir politique).
Cette fonction d’organisateur de communautés s’exerce d’abord à l’échelle locale, puis régionale, voire nationale. Il convient en conséquence de reconnaitre du pouvoir aux communautés locales. En leur donnant des crédits et des moyens pour reprendre pied dans ces territoires. Pour ma part il me semble évident qu’il faille dégager une élite de jeunes.
L’objectif serait de créer une « beurgeoisie » d’immigrés. Actuellement, sur le millier de maires de notre Région, aucun n’est noir ou maghrébin, même si quelques uns occupent des postes d’adjoints ou de conseillers municipaux. Il existe un décalage profond entre les personnes habitants dans ces quartiers et leurs représentants politiques. Il convient de résoudre ce problème de représentativité des élites locales.
Même s’il ne faut pas que la ressemblance sociologique ou ethnique constitue l’unique critère. Une des difficultés réside dans le fait que les classes moyennes acceptent difficilement que les immigrés bénéficient d’une progression sociale. De plus, au PS on a du mal à faire émerger cela, au-delà des avancées ponctuelles ou du symbole politique. Ces quartiers manquent de régulation. Ils peinent à faire émerger des élites locales. Alors que ces dernières permettraient à ces quartiers de s’autoréguler.

Au-delà il me semble nécessaire de porter au débat une série de trois propositions :

1 – Concentrer les moyens financiers de la politique de la ville :
Nous ne pouvons pas proposer la même politique pour les 750 ZUS en France. Les problèmes diffèrent, les solutions méritent donc d’être adaptées. Même si c’est politiquement difficile, l’intérêt général commande de nous concentrer sur la centaine de quartiers qui sont véritablement des zones très sensibles ou ghettos. Ces quartiers ont besoin d’une intervention nationale, parfois par-dessus le maire, le temps nécessaire pour remettre de l’ordre et recréer une dynamique sociale. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités en la matière, qu’il ait le courage d’agir, car les élus locaux n’ont pas les ressources pour résoudre ces immenses difficultés. Pour les autres quartiers difficiles (environ 650 ZUS), le maire doit disposer des capacités pour agir, c’est à dire de dérogations au droit commun pour pouvoir faire face à ses difficultés.

Par exemple, concernant les collèges ou les lycées, les proviseurs pourraient être triés sur le volet et ne pas dépendre nécessairement de l’éducation nationale… Le Maire peut et doit mener ces projets à bien, et n'a besoin d’une simple assistance de la part de l’Etat ou de moyens financiers (rappel : la Dotation de Solidarité Urbaine). En effet, il existe une très forte hétérogénéité des quartiers dans les banlieues françaises, nous devons en tenir en compte dans notre analyse, comme dans notre politique. Il convient d’avoir une politique spécifique et appropriée. Nous devons ainsi conforter les quartiers qui ne sont pas encore ghettoïsé.
En ce sens, Michel Delebarre défend la politique des surloyers dans le logement social, qui permet de conforter la mixité sociale dans les quartiers qui n'ont pas basculé. A l’inverse, lorsque le quartier a complètement basculé, il convient d’agir autrement, différemment.


2 – Nous ne pouvons nous contenter d’une analyse économique et sociale des banlieues françaises, et devons aborder la question de l'immigration.
Cette grille de lecture économique et sociale est certes indispensable, mais naturellement insuffisante. Nous devons aborder la question de l’immigration et de l’intégration difficile de ces populations qui vivent dans ces ghettos urbains. Si on ne parle pas d’immigration, on ne peut être crédible. Il existe un inconscient postcolonial de la société française face à ces sujets et ces questions.
Et nous devons absolument débattre sans tabou, sans quoi nous ne serons pas en mesure de relever le défi du vivre ensemble dans les banlieues françaises. Sans forcément entrer dans le débat de la régulation de l'immigration, il faut dresser le constat que les quartiers les plus pauvres et les plus précarisés sont aujourd’hui les principales portes d’entrée de l’immigration en France. Des études sur la composition des quartiers ont notamment été menées par Michèle Tribalat, qui s’est appuyée sur un indicateur imparfait mais révélateur (nombre de jeunes entre 0 et 18 ans dont un parent au moins est né à l’étranger).

Pour certaines villes comme Clichy-sous-Bois ou Villiers-le-Bel, la proportion de jeunes de deuxième génération est de près de 75 %. A l’échelle du quartier ou de l’immeuble, on est donc parfois quasiment à 100 %. Il ne faut donc pas avoir peur de le dire : aujourd’hui, dans des quartiers ou dans des petites villes, on est confronté à des phénomènes de ghettoïsation ethnique. Par ailleurs, il faut distinguer les différentes phases d'immigration. Aujourd'hui, les problématiques qui se posent pour les personnes d'origines maghrébines et d’origines subsahariennes sont différentes : période d’immigration souvent plus ancienne pour les maghrébins, des questions éducatives qui se posent différemment, notamment dans les familles d'origine subsaharienne où persiste une vision communautaire de l'éducation des enfants, inadaptée dans les quartiers sensibles. Il faut savoir poser ces questions, frontalement, pour pouvoir y apporter des réponses concrètes....

3 – Priorités au logement, à l’espace public et à l’éducation
La qualité de l’espace public est primordiale (rues mal entretenues, cages d’escalier en mauvais état…). Il faut que le territoire redevienne attractif. Cela passe aussi par le désenclavement des territoires, car sinon le lieu de travail peut se situer à 1H30 de transports ! Par ailleurs, nous avons perdu collectivement le sens de l’usage du logement, qui est aussi et surtout un lieu de socialisation, de culture…

La politique actuelle est doublement pénalisante :

- Premièrement, en faisant le choix de rassembler toutes les personnes modestes dans ces logements sociaux, nous organisons l’exclusion sociale. Le parcours résidentiel devient impossible ;
- Deuxièmement, si nous voulons proposer un parcours résidentiel, nous devons réorienter notre action en matière de logement. Sur Marseille le coût de la location des logements sociaux est plafonné à 10 euros par mètre carré .
Le parc privé se situe quelquefois à 20 euros/mètre carré.  Il est, du coup, impossible pour les habitants des logements sociaux de quitter le logement social pour entrer dans le parc privé, vu la différence de prix entre ces deux parcs. Nous perdons le sens intégrationniste et socialisateur du logement. Le problème du logement se joue aussi au niveau des bailleurs : la copropriété est un système difficile à gérer pour les pouvoirs locaux , il est très difficile de rassembler les milliers de copropriétaires. Le mauvais système de gouvernance empêche la réhabilitation des logements, et de manière générale toute action dans ce domaine. La question de l’éducation est centrale.

Elle passe d’abord, par une réforme de l’éducation nationale en donnant d’autres moyens aux établissements agissant dans les quartiers ultra-sensibles (prérogatives du proviseur renforcées, enseignants expérimentés, équipes soudées…). Une fois de plus, les politiques dans ces quartiers doivent être adaptées aux circonstances. Elle passe, ensuite, par une politique d’éducation au sens large. Les adultes doivent retrouver leur place, leur autorité doit se substituer à celle des adolescents.

L’action publique doit s’articuler en relais aves les associations et les pouvoirs publics locaux. Nous devons promouvoir la « beurgeoisie », c'est-à-dire les personnes d’origines immigrées qui se hissent au niveau des classes moyennes. Un dernier article de Luc Bronner (Le Monde daté du dimanche 6 et lundi 7 juin), intitulé « Washington à la conquête du « 9-3 » » fait état des réseaux de l’ambassade des Etats-Unis dans les banlieues françaises. « Moins frileux sur les questions de diversité », ils ont établi un « Who’s who de la diversité française ». « Le décalage entre l’activisme américain et la société française est perçu douloureusement » dans nos banlieues, précise Luc Bronner.

Enfin, aux Etats-Unis, il n’y a pas une logique d’étiquette, mais une logique d’action et de pragmatisme : « qui agit ? qui propose ? qui innove ? ». Et si le modèle américain pouvait nous enrichir ?


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17/07/2010 07:55

marie-noëlle ley
une belle réflexion ! Oui nous devons favoriser l'intégration de tous et l'ouverture de nos partis (de gauche!) à tous.

13/07/2010 09:51

lyliane.pascal
pour moi depuis 1962 quand nous avons fait pour l'industrie,pour le batiment etc venir des africains du nord ,nous n'avons pas pris toutes les mesures qui s'imposaient .
prise en charge des enfants dans leurs difficultées langues etc
donc retard scolaire,frustration= agrésivitée délinquance
concentratoin d'une population qu'il aurai fallu plus aider avec des logements corrects ect;

donc maintenant le problème est urgent : sortir les jeunes de leur déseuvrement

comnent :faire une politique nationale , se servir de toute les forces assos ,moi j'avais bien aiméeles prorpositions de ségolène ,de se faire aider par le contingent avec formation et remise à niveaux scolaire,sport ,sens de l'effort ,dicipline,tolèrance ,vivre ensemble

nous avons des casernes qui se vides pourquoi pas utiliser ses sources

je ne parle pas de camps diciplinaires ni de redresseùment ,mais de faire connaitre à des jeunes des ouvertures en vivant un peu en communoté ,avec les taches quotidiennes les valeurs de la république les devoirs ,la liberté grace au travail la construction d'une vie avec un avenir ,voir plus loin

j'epère que mes propos ne serons pas détounés :c'est le devoir de la guanche réuni qui doit prendre en charge le grand problème des banlieus

12/07/2010 18:48

reposer la question de la Ville qui est déjà le lieu où , au niveau mondial, se concentrent le plus de populations est une évidence pour trop peu de personnes. C'est heureux qu'ici s'ouvre ce débat.
Il me semble que la question de l'immigration doit aussi se poser ,mais qu'il faut se garder de lier systématiquement l'immigration a la banlieue et a fortiori à la banlieue à problèmes.
Avant de dire que ce dont des étrangers qui sont relégués dans les quartiers , il faut se souvenir , que les outres mers de la France fournissent une bonne part des habitants de ces banlieues, pour ces personnes , la dynamique de la vie en france métropolitaine ressemble souvent à celle de certains immigrés sauf qu'ils sont français! La communauté mahoraise (mayotte) qui vit a marseille , en sait quelque chose.
La question du rapport a la Police et à la Justice se posent aussi de façon très forte : alors que la plupart des Villes et Départements ont renoncés aux dispositifs d'éducateurs de rue, les jeunes n'ont plus d'interlocuteurs et les travailleurs sociaux de la Justice sont devenus des producteurs d'écrits , de rapports aux magistrats et ne sont plus des personnes au contact des populations qui tentent de sortir de la délinquance . Les instances telles que les conseils communaux de prevention de la délinquance, contrats locaux de securité sont devenus poussives et bien trop lourdes pour fonctionner efficacement.
Enfin, il reste le discours : les jeunes qui aujourd'hui, ont 20 ans dans les cités sont plus religieux et , plus instruits que leurs ainés. Il faut en tenir compte : le débat sur la burqa révèle hélas trop souvent une islamophobie. Je crois qu'à l'instar de la rebellion des femmes en Turquie, et dans d'autres pays musulmans, ce sont les musulmans eux memes qui sont porteurs de la modernisation de leur pratique religieuse et non un impérium venu de quelques féministes. J'attends de ses dernières qu'elles interpellent l'Etat sur la lutte contre les mariages forcés (évalués a 70 000 par an en France), contre l'excision, pas sur une question de voile , il y a là de vraies urgences.
SUr l'Amérique : Bill Clinton décrit très bien dans sa biographie son parcours : issu de la classe moyenne, brillant scolairement, il a été repéré puis financé (par un systeme de bourses publiques et privées )pour devenir élu local, puis gouverneur et enfin accéder à la présidence. Cette biographie est très instructive. Je ne sais pas si le modèle américain est exportable : la France accepterait elle que le français soit une langue parmi d'autres , que l'Etat communique autant en espagnol qu'en anglais (ce qui est le cas aux USA puisqu'il n'y a pas de notion de langue officielle ..), etc...
Il faut aussi se souvenir que Lincoln etait Républicain et que les Etats du Sud qui pratiquaient la ségrégation étaient démocrates , qu'il a fallu attendre les années 80 , avec une modernisation des discours politiques (tant chez les républicains que chez les démocrates )pour qu'un OBAMA puisse être élu.
malgré l'émergence d'une bourgeoisie noire ou hispanophone, il ne faut pas oublier le sort des milliers de travailleurs clandestins sud américains notamment ! 

12/07/2010 17:00

raynal    
quand l etat suppime du personnel dans tous les domaines et rabote toutes les subventions aux associations ,comment mettre en place une politique des banlieues;de plus lorsque quand on demande un service(bruits genants:voisins ou semi-discotheques..)on est parfois sideré par l'acceuil de autorites competentes

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