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Paris, Paris, on t'en... veut pas !


Paris, Paris, on t'en... veut pas !

Malgré les critiques injustes de certains médias parisiens, les Marseillais ont de quoi être fiers de leur ville

Samedi soir, vous y étiez, à la soirée de lancement de l'année Capitale ? Vous avez vu les sculpteurs de glace. Et le déluge de plumes ? Et la chorégraphie des jeux d'eaux ? Le spectacle vous a amusé, ému, estomaqué ? Vous avez même eu les larmes aux yeux lorsque la Bonne Mère s'est drapée de lumière.

Eh bien, vous êtes une bande de ploucs, de blaireaux, de pauvres hères qui ne comprenez rien à la culture et n'avez aucun sens de la fête. Bref, des Marseillais.

Photo Nicolas Vallauri

Peu importe que nous ayons été 400 000 (du jamais vu depuis la Libération) à "descendre à la capitale" et, pour la plupart, à apprécier la soirée : le verdict de certains médias parisiens est péremptoire. "Marseille, comme un acte manqué", nous fusillait dès le lendemain l'édition en ligne de l'hebdomadaire Marianne. La parade des Lumières ? "Un famélique cortège dont il émanait une infinie tristesse." Les animations de rue ? Pff ! Elles étaient "dignes des fêtes votives". Le spectacle pyrotechnique ? "Des feux d'artifices squelettiques dont ne voudrait pas une sous-préfecture de province."

Province : le mot est lâché. On l'a beaucoup entendu sur France Info, dans un reportage qui n'a donné la parole qu'aux grincheux et aux blasés. Et si le quotidien Libération admet dans son édition de lundi que "le public a répondu massivement", c'était pour assister à "une cérémonie d'ouverture pourtant pauvrissime", dont "l'offre culturelle était rachitique".

Dit plus simplement : Marseillais, vous êtes des couillons.

Alors c'est vrai, samedi, tout n'était pas parfait. La "Grande clameur" par exemple, c'était surtout... de la grande bouche. Un commentateur plus finaud que les autres a pourtant su interpréter le concept : "Cela me rappelle le Tohu Bohu qu'avaient fait les prisonniers des Baumettes en 1981 lors de l'assassinat du juge Michel", analyse (très sérieusement) Thierry Colombié, économiste et auteur d'un ouvrage sur entreprises criminelles (sujet qui manifestement vire à l'obsession). Ses propos sont publiés sur Slate.fr dans un article dont le titre en dit long :"Marseille 2013 entre le philosophe et la poissonnière"...

Plus nuancé mais très condescendant, le reportage du Monde du 15 janvier ne nous épargne aucun poncif : "Les affaires, les meurtres qui se succèdent, les quartiers défavorisés, la prison des Baumettes, les Kalachnikov..." Hé ho, les gars, on était juste là pour faire la fête, en essayant pour quelques heures d'oublier tout ça ! À l'occasion, on offrira un plan de la ville à l'envoyé spécial : la fête du off ne se passait pas au Comptoir de la Victorine (mais au bd National) et la Canebière, ça fait des lustres que ça ne prend plus deux "n"... Bref, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, on n'en finit pas avec cette mode grotesque du "Marseille bashing".

Encensée (à tort) il y a quelques années, la cité phocéenne est aujourd'hui systématiquement crucifiée. "Ce qui a déçu certains, c'est que Marseille puisse réussir ce qu'elle entreprend, en l'occurrence une grande fête populaire avec zéro incident", note l'adjointe UMP au tourisme Dominique Vlasto.

"Il est évident que si la même soirée s'était déroulée à Lyon, la presse aurait été unanimement positive", sourit le sociologue (et élu de MPM) Jean Viard. Lui-même trouve que la soirée a souffert de certains manques en terme culturels. "Mais ce qui était génial et unique, c'est le plaisir qu'ont éprouvé les gens à se retrouver ensemble, tous quartiers et toutes générations confondus. Les Marseillais étaient heureux de se réapproprier leur ville, tellequ'ils l'aiment, de découvrir les nouveaux aménagements, sans avoir peur, en famille. C'était ça l'essentiel et certains ne l'ont pas compris. Mais peut-être fallait-il être Marseillais pour apprécier complètement ce moment ?"

Pourtant, le "journal local" comme dit Marianne (comprenez La Provence) n'a pas été le seul à décrire l'engouement populaire. Et à aimer ça. De la chaîne allemande ARD, qui a retransmis en direct le début de la cérémonie, à la revue touristique italienne Viaggo, qui salue une fête "sans grande cérémonie mais avec tant de bonne humeur", les journalistes étrangers, certes moins cultivés que leurs confrères parisiens, ont été nombreux à apprécier la soirée .

C'est pourquoi, face au mépris et à la mauvaise foi, les Marseillais ne retomberont pas dans les vieux réflexes du stérile affrontement Paris-Province . Car la Capitale culturelle a déjà gagné son pari de 2013. Le prestigieux New-York Times l'a bien compris. Sur son site internet, le quotidien américain de référence vient de dévoiler son classement des sites du monde "à visiter d'urgence cette année" : Marseille y décroche la 2e place, juste derrière... Rio de Janeiro ! Son label Capitale de la culture, gage de manifestations culturelles d'envergure, et les vertus de son "melting pot" en font "The french place to go". Dans ce palmarès, la capitale française n'arrive qu'en 46e position. Allez, Paris, Paris on t'en... veut pas.

Sophie Manelli


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