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La fin de la culture pour tous ?

La fin de la culture pour tous ?

Certains y voient la menace d'une contre-révolution culturelle. D'autres sourient devant une énième gesticulation du ministère de la culture.

Le cabinet de Frédéric Mitterrand vient en tout cas de rédiger un document qui suscite de vifs débats dans les institutions et les organisations professionnelles. Signé par le conseiller Francis Lacloche, ce texte prévoit de "Passer de la culture pour tous à la culture pour chacun".

Ce programme part d'un principe, présenté par la Rue de Valois comme indiscutable : "le résultat décevant des politiques de démocratisation".
En clair, les populations défavorisées et les jeunes continueraient de bouder les hauts lieux de la culture : il conviendrait donc d'aller vers eux. "Pas simplement amener la culture aux populations, mais les impliquer", affirme la note. Pour cette raison, le ministère invite à "investir les lieux où elle peut jouer un rôle essentiel de formation et d'éveil ou d'ouverture sur le monde".

Et le texte de citer les hôpitaux, les prisons, l'école, les quartiers en difficulté, villages reculés…et les entreprises. Pour y faire quoi ? Le texte n’en parle pas. Peu importe puisque avec le numérique et les écrans, devenus bras armés de la culture pour chacun, tout devient possible ! Y compris peut être se débarrasser de l’art et des artistes ?
Belles déclarations d’intentions d’un ministère dont les budgets ont été constamment rognés ces dernières années.

La note adopte des formulations plus que dangereuses. "D'une certaine manière, le véritable obstacle à une politique de démocratisation culturelle, c'est la culture elle-même, écrit le rédacteur. Une certaine idée de la culture, répandue dans les composantes les plus diverses de la société, conduit, sous couvert d'exigence et d'excellence, à un processus d'intimidation sociale."
Ce qu’est concrètement ce lien, ce qu’il est censé permettre, le document ne l’explique pas.

Ce terme d'"intimidation" est repris en boucle. Brocardant "l'élitisme pour tous", cher au metteur en scène Antoine Vitez, le texte poursuit : "Il ne s'agit plus de "rendre populaire", mais bel et bien de faire accéder le populaire au rang des intérêts culturels de notre patrimoine et de la création française.


C'est dans ce glissement que s'en opère un autre : celui d'une "culture pour tous" invitant la société à adhérer à un consensus intellectuel vers une "culture pour chacun" entendant reconnaître la diversité de la culture, des cultures." Au passage, un troisième glissement s'opère : celui d'une culture de l'offre vers une culture de la demande.

La note loue en effet diverses initiatives menées ces dernières années par le ministère, tels les chèques culture, dispositifs de gratuité, cartes jeunes de téléchargement, qui visent à satisfaire la demande. Pas une fois, en revanche, la question de l'aide à la création et à sa diffusion n'est abordée. Quant aux mot "art" et « artistes », ils ne sont cités qu’une fois…pour solde de tout compte.

Le souci est évidemment financier. La création coûte cher. "Les contraintes budgétaires et humaines exigent une vision pragmatique et réaliste", souligne le document. Aussi convient-il d'"établir des priorités".

Mais au Syndeac, l'organisme qui rassemble les employeurs du spectacle vivant, on prend l'affaire au sérieux. "En Italie et en Grande-Bretagne aussi, on a commencé par dénoncer l'élitisme avant de démanteler les institutions culturelles."


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10/12/2010 12:52

LAUZON Bernard
La culture hors des lieux culturels? Ce n'est pas une idée nouvelle, mais certes on pourrait aller beaucoup plus loin que ce qui est pratiqué aujourd'hui. Dans ces périodes de vaches maigres, tout effort de mutualisation doit être encouragé: mutualisation de l'information et aussi des moyens, en particulier dans les zones rurales.
Il ne me semble pas qu'il y ait contradiction à garder l'objectif de la "culture pour tous" dans les temples de la culture, et se donner l'objectif de la "culture pour chacun" en tous lieux. Il peut y avoir une forte complémentarité entre ces 2 pôles. L'important est que toutes les formes de production culturelle puissent être mises en valeur; ce qui est plus une question de volonté politique et citoyenne qu'une question d'argent.

23/11/2010 11:35

Je suis enfin exaucée. Oui, l'analyse est bonne. nous les intimidons. Notre monde n'est pas "leur" monde. J'approuve cette nouvelle politique culturelle.

23/11/2010 06:41

christine
Voilà des années que je réclame la venue de la culture dans les quartiers et les villages éloignés ... à part quelques séances de cinéma ambulant et le bibliobus... rien (en dehors de qq expos de l'art de mai..). merci

22/11/2010 17:21

pa
Le sujet est très intéressant et j'en profite pour saluer le nouveau ton du blog de CC, plus large, plus positif, plus attrayant. En Espagne, il arrive de voir dans de grands cafés-tapas des troupes d'artistes de grande qualité chanter certains morceaux de grands opéras : attention soutenue & applaudissements garantis; il me surprendrait que certains des convives ne sautent le pas pour aller dans ces fameuses "enceintes de la culture" qui ne les accrochaient pas auparavant. La culture est aussi un art : celui de se rencontrer et d'avoir envie de se voir encore et autrement. Très beau sujet, à développer mille fois.

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