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Le PS peut-il reconquérir les classes populaires ?

Le PS peut-il reconquérir les classes populaires ?

Les ouvriers, « une race en voie de disparition », ne se retrouvent pas aujourd'hui dans le PS. Ils n'auraient que très peu participé à la primaire citoyenne.

Regardons d'abord de plus près ces femmes et ces hommes dont nous parlons. D'après les statistiques de l'INSEE, la proportion d'ouvriers dans la société a beaucoup diminué, et continue de chuter.

Mais il me semble essentiel de montrer le caractère obsolète et de plus en plus éloigné de la réalité du groupe sociologique « ouvrier ». Selon moi les prolétaires aujourd’hui sont davantage caractérisés par la précarité au travail que par l’appartenance à un groupe économique. Le « vote ouvrier » ne veut pas – plus – dire grand chose. Le monde prolétaire implique par exemple de nombreuses personnes de la catégorie des employés. Si l’on additionne les deux groupes (ouvriers et employés), plus de la moitié de l’électorat est potentiellement concerné. Les ouvriers comme ensemble politique cohérent sont  aujourd’hui une légende; les catégories populaires n’en constituent pas moins un vrai enjeu électoral. Encore faut-il analyser rigoureusement les différents types de travailleurs concernés par un désamour certain du parti socialiste, souvent au profit des droites, et en particulier de l’extrême droite.

Quel rapport entre classes populaires et front national en France ?


la société post-industrielle est le décor dans lequel s’est réalisé cet affaiblissement des bastions ouvriers, avec un passage à une société d’information plus que de production, de cols blancs plus que d’ouvriers, avec l’émergence de valeurs post-matérialistes. La crise économique a contribué à l’évanouissement du « collectif ouvrier ». Cette disparition du collectif ouvrier a eu pour corollaire la transition entre un « vote de clivage », structuré par un sentiment d’appartenance à une classe, à un vote conjoncturel et fluctuant. Cette fluctuation tend néanmoins à s’effectuer très à droite de l’échiquier politique, et ce de manière généralisée en Europe. On observe dans tous les pays européens une montée des droites extrêmes, radicales, et ces droites sont « en voie de prolétarisation ». Le mythe d’une alliance viscérale des classes populaires avec la gauche est, quant à lui, en train de mourir. Cette évolution peut sembler paradoxale.

Je vois 3 hypothèses pouvant expliquer cela.. La première est économique: les catégories populaires espèrent une plus grande protection de leurs statuts souvent peu qualifiés, domaine où auraient échoué droite et gauche modérées. La seconde est politique. Cette déception économique nourrit un sentiment anti-système et anti-élites. La troisième est culturelle, et est liée à la recherche d’un bouc émissaire qui serait responsable de la situation difficile des classes populaires actuelles.

Un basculement électoral…

N’en déplaise à nos amis communistes et du front de gauche de nombreuses études démontrent une convergence frappante sur le vote ouvrier. Cela ne fait aucun doute, il y a bien un recul du lien privilégié entre ouvriers et gauches. Depuis le milieu des années 80, le vote de gauche, traditionnellement monopolisé par les catégories populaires, devient l’apanage d’autres catégories (souvent les « intellos de gauche »). Le système des odds ratios est à ce titre très évocateur. Les chances pour un ouvrier de voter à gauche en 78 sont plus fortes que les autres catégories, elles sont quasiment nulles actuellement. A contrario, un ouvrier en 88 avait 1,3 fois plus de chances que les autres catégories de voter pour Le Pen. En 2011, on passe à 2,56 fois plus de chances. Mais cette augmentation n’est pas linéaire, on observe un changement très récemment. Cela suggère qu’il s’est passé un événement récent qui donne un caractère conjoncturel à cette évolution. Cette poussée d’ethnocentrisme peut s’expliquer par le printemps arabe, qui a attisé des peurs de phénomènes massifs d’immigration, dans un contexte de crise économique et de discours politique clivant depuis 2007.

… A nuancer

Toutefois il ne s’est pas produit de rupture brutale en matière de vote ouvrier. En fait, dès 81, il commence à s’opérer une rupture entre la gauche ancienne et les ouvriers. L’image du « gaucho-lepeniste » est fausse. En réalité, les premiers ouvriers qui se tournent vers le FN sont les ouvriers…de droite, dans des régions à droite. Les ouvriers de gauche ne se tournent pas vers l’extrême droite. En revanche, on observe un basculement générationnel où les ouvriers du baby-boom continuent de donner beaucoup de voix à la gauche, tandis que la nouvelle génération ouvrière est davantage attirée par la droite. De plus, le vote croissant à l’extrême droite ne saurait s’expliquer exclusivement par la nature du métier. Il faut en revanche comprendre que les ouvriers cumulent de nombreux facteurs sociologiques qui les poussent vers le vote FN. Le milieu ouvrier est un monde d’hommes à 80%. Or les hommes votent sensiblement plus aux extrêmes que les femmes. Le niveau d’éducation est corrélé négativement avec le vote FN; les milieux ouvriers ont globalement un niveau d’éducation inférieur à d’autres catégories. Par ailleurs, il convient de souligner que le premier vote ouvrier en 2002 n’était pas le FN, mais le vote blanc. Il faut donc se méfier des constats simplistes, et privilégier des approches multivariées, qui croisent les indicateurs.

Pour ce faire, et afin de mieux cerner la réalité des catégories populaires, il semble indispensable de renouveler les PCS, selon des critères de précarité, de responsabilité au travail…

Le PS peut-il reconquérir les classes populaires ?


S’il y a un réel enjeu du vote ouvrier pour le parti socialiste, la méthode que le candidat du PS utilisera est cruciale. En effet; la politique de l’UMP n’a que trop montré que s’emparer des terrains de chasse de l’adversaire revient à jouer pour lui. Pour inverser la tendance on peut partir d’un constat simple; celui que le but premier de la politique est de créer du lien entre les gens, et que la plate-forme politique qui marche est celle qui crée du commun. Comment le PS peut-il, dès lors, créer du commun afin que les abstentionnistes des classes populaires puissent se sentir impliqués dans un projet politique national, voilà l’enjeu majeur de la campagne qui s’ouvre.


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25/11/2011 23:59

patricia Klemensiewicz    
La classe ouvrière est destinée à disparaître.
La modernité conjuguée aux volontés politiques de la droite font que le terme d'ouvrier va appartenir au passé si ce n'est déjà fait.
Comment et pourquoi aller à la pêche à leur voix puisqu'ils ne se revendiquent plus comme relevant de cette classe?
Ils veulent et c'est normal, représenter la classe moyenne qui n'a plus aucun rapport avec leur histoire et leur combat qui est voué à un échec incontournable grâce aux volontés politiques européennes et surtout celle du pouvoir actuel.
On devrait parler de classe de techniciens qui vont quand même avoir une place inexistante ici.
La France devient un pays de services où de nouveaux "ouvriers précaires" tentent d'exister en se pliant au dictat des firmes qui leur donne ces emplois instables.
Coup de dégoût politique qui attend d'être changé....
Pat.K

25/11/2011 20:05

liberté de penser
  
 C'est très beau les grandes phrases et les théories du pourquoi la classe ouvrière déserte les rangs du PS Le PS peut-il reconquérir les classes populaires. Mais bien sur que non! nos élus du PS sont très loin de la réalité ils siègent ou à l'assemblé ou au sénat et bien d'autres. Bien loin des problèmes de la classe ouvrière. La classe populaire c'est nous, Il faut des réponses et des actes forts à la demande du peuple voilà comment ont peut reconquérir les catégories populaires.

25/11/2011 17:54

raynal    
il faut croire que le PS comme les autres structures de gauche PCF,PARTI de GAUCHE voire le NPA n'ont pas une approche suffisante pour attirer le monde "ouvrier" qui pour une bonne partie est attirée par l'extreme droite ;et cette façon de s'exprimer marque un "desamour" avec l'extreme gauche et par là une propension à ne pas voter PS;est-ce un probleme d'habitude, de moeurs,de philosophie ;un sociologue/politologue pourrait peut etre denouer cette demarche qui au premier regard semble contraire à notre vision des choses.

 

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