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Les politiques d'éducation prioritaire

Les politiques d'éducation prioritaire

J'ai reçu samedi dernier les délégués départementaux de l'éducation nationale de notre Région. Occasion pour moi de réfléchir avec eux au sujet de l'école dans les quartiers difficiles.

Les politiques d'éducation prioritaire sont le sujet de rapports très fréquents et semblent être l'objet de toutes les attentions (parlementaires, partis, cour des comptes...) sauf de celle du Ministère de l'Education Nationale.

L'OZP est un observatoire notamment orienté vers l'étude et le suivi de la politique des Zones d'Education Prioritaire du Ministère de l'Education Nationale. L'OZP existe depuis 20 ans et publie notamment sur son site internet la lettre « le quotidien des ZEP » pour faire part de son analyse.

De mémoire il débutât son action en 1981 avec la promesse de nouveauté portée par la victoire socialiste à la présidentielle. Le ministre de l’éducation nationale alors nommé, Alain Savary, n’a jamais parlé de handicap social pour qualifier les situations d’échec scolaires.

1981 impose une vraie rupture dans la politique éducative. En effet, l’accent est mis non plus sur l’égalité des chances, mais sur l’égalité des droits. Pour rétablir cette égalité des droits, il convient alors de créer de la différence entre les individus et les territoires en créant une discrimination par la politique.

Nous savons tous, hélas, que la grande faille dans la mise en place d’une politique éducative cohérente pour garantir l’égalité est le manque de continuité de la mise en place de la politique du Ministère. Quand on observe bien, seules une dizaine d’années ont été des années utiles et cohérentes depuis 1981 : 1981-1984 ; 1990-1992 ; 1997-1999 et les années de Robien.

Il y a, à mon sens, 7 enjeux pour la mise en place et la réussite d’une réelle politique d’éducation visant à résorber les inégalités :

•    La nécessité d’une continuité de cette politique, et que les femmes et les hommes politiques assument leurs choix et leurs décisions sans céder devant les difficultés, comme se fut trop souvent le cas, notamment en 1992 et 1999.

•    Le besoin de ce que je dénommerais  une « centration politique » sur le territoire.
En effet, les politiques à destination des territoires, peuvent se mettre en place à 3 niveaux :
Celles bâtis sur des projets intégrés avec les associations, les mairies, les parents et le reste du territoire -comme se fut le cas lors des passages de Savary et Jospin au MEN- ;
Celles centrées sur les établissements, visant à fournir plus de moyens aux établissements en difficulté comme les ZEP ;
Et enfin celles construites sur l’individu, l’élève, comme c’est le cas actuellement avec les internats d’excellence par exemple. Ces dernières hélas, empêchant toute approche globale des problèmes.
Je crois qu’il faut favoriser une intégration des politiques d’éducation avec les politiques territoriales, permettant aux équipes éducatives de développer de véritables projets de long-terme.

•    La nécessité de refondre et réduire la géographie prioritaire des politiques d’éducation.

En 1982, Savary crée 363 ZEP et les articule avec les autres politiques territoriales, en particulier avec les politiques à destination des « îlots sensibles ». En 1990, il y a coïncidence entre les 557 ZEP et les îlots sensibles. En 1998-1999 on atteint 869 Réseaux éducation prioritaire, puis 254 Réseaux Ambition Réussite et 857 Réseaux de Réussite Scolaire en 2010. Les établissements ainsi couverts représentent 20% des collégiens. A mon sens cette généralisation du dispositif impose l’idée que la jeunesse « sensible » nécessite un dispositif qui lui est propre et n’est intrinsèquement plus le sujet des politiques normales.

•    La concentation des efforts sur les premiers apprentissages, maternelle et école élémentaire, comme se fut fait en 1989. A mon sens, les ministres se sont trop focalisés sur le collège et le lycée.

•    Une meilleure répartition des moyens du ministère. Les RAR coutent cher, et produisent des effets limités. Le nombre d’élèves par classe y est de 22,3 en moyenne, contre 24,3 dans les classes ordinaires. Cependant, les RAR coutent beaucoup moins cher que les classes préparatoires aux grandes écoles ou les internats d’excellence. En conséquence, l’abaissement systématique des RAR, vus comme des trous sans fond est très discutable. Il faut donner des moyens et notamment améliorer les formations des équipes éducatives pour leur permettre de faire vivre des projets intégrés aux territoires.

•    La politique des ZEP doit être intégrée à une politique territoriale plus vaste, car elle déborde des missions des personnels éducatifs. Il y a une nécessité d’appuyer ces politiques qui reposent trop souvent sur le militantisme de quelques enseignants.

•    Enfin, il faut valoriser les personnels dans la gestion des ressources humaines du MEN. Il faut notamment permettre de diffuser les bonnes pratiques trop souvent oubliées ou peu connues hors de leur établissement d’origine.

Sur ces bases observons les réformes récentes. Commençons par le dispositif CLAIR qui démantèle le service public et doit être abandonné. Il y a des postes essentiels dans l’organisation et la coordination des contenus pédagogiques qui doivent être attribués à des enseignants ou des personnels éducatifs volontaires.
Or le MEN manque de considération pour les RAR, preuve en est, il a mis 6 mois à publier le bilan de ces dispositifs qu’il avait promis. Ces bilans démontrent que les écarts de réussite restent importants mais que là où les équipes se mobilisent sur le long-terme, on peut nettement en voir les effets bénéfiques. Cependant Luc Chatel n’a donné aucune suite à ce bilan. Chatel voit en effet les RAR comme des politiques territoriales qu’il faut abandonner sur l’autel de l’individualisation des politiques publiques.

Nous devons retrouver le sens de la politique d’éducation prioritaire et cela doit s’articuler avec une refonte de l’ensemble du système éducatif. Notre projet socialiste est ambitieux, nous devrons le mettre en œuvre.

Christophe Castaner


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30/05/2011 19:22

Caroline
L'éducation est un enjeu magistral pour le devenir de nos jeunes et de notre pays. L'Espagne paie aujourd'hui le prix fort pour avoir désinvesti sur ce terrain... Rappelons que nous assistons aujourd'hui en France au torpillage du système éducatif public dans son ensemble, avec une quasi totale indifférence si l'on mesure les réactions au niveau des conséquences que nous aurons à assumer dans quelques années. Le public est dans la ligne de mire. Le poids économique de l'éducation est un joli gâteau à se partager tant le retour sur investissement qu'il promet est important par rapport aux autres secteurs de l'économie. Alors on n'hésite pas. On tire à vue d'autant que les populations concernées par le public ne méritent plus un niveau d'éducation qui permettent de croire à un ascenseur social...

Il est vrai ceci dit qu'il n'existe plus d'ascenseur et que les enfants d'aujourd'hui n'auront pas même droit à un niveau d'éducation ou de vie au moins équivalent à celui de leurs parents... Soulignons qu'on supprime des postes d'enseignants et de façon inégalitaire entre le public et le privé. C'est vraiment trop fort ! La République semble abandonner l'éducation de ses enfants alors que seule l'éducation est le ciment de notre vie en société et un gage d'avenir...
Le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme est effrayant, le nombre de jeunes diplômés qui vivent en dessous du seuil de pauvreté est effrayant. "La précarité de la génération actuelle risque de préfigurer la norme de l'emploi de demain". Je vous invite à lire le mensuel "Convergence" d'octobre 2010 "Jeunes, Espoirs précaires", édité par le Secours Populaire Français.

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