• Ne nous trompons pas, le rejet de Nicolas Sarkozy ne fera pas une victoire.
  • Mise à jour 12/07/2011 11:37:10

Articles

Presse, vidéos
Mise à jour le 24 avril 2017  

Agenda

 

La lettre du député
Rentrée 2016   

Vidéos

 

 

Liens


Assemblée Nationale
Ville de Forcalquier
Pays de Haute-Provence
Communauté de communes Pays de Forcalquier - montagne de Lure
Blog de Gilbert Sauvan
Facebook de Jean-Yves Roux

Ne nous trompons pas, le rejet de Nicolas Sarkozy ne fera pas une victoire.

Ne nous trompons pas, le rejet de Nicolas Sarkozy ne fera pas une victoire.

30 ans après 1981, entre le « peuple de gauche » et le Parti socialiste je crains qu'une véritable fracture culturelle se soit ouverte. Les lendemains ont déchanté, il n'y a qu'à voir le vent de nostalgie qui s'est emparé de la « génération 81 » à la mort de Jean Ferrat pour sentir qu'une époque était passée. Depuis un bail. Aujourd'hui, le collectif est en berne.

Certains accusent la montée de l'individualisme, voire des égoïsmes, mais l'explication, selon le sociologue Frédéric Sawicki, ne tient pas : « La gauche s'est toujours battue pour qu'on étende les droits de l'individu : cela ne l'a pas empêchée de mener ces combats de façon collective. C'est l'idéologie néolibérale qui a brisé la foi dans la lutte collective, en convainquant les salariés qu'ils réussiraient mieux seuls, que la promotion sociale ne pouvait venir que d'efforts isolés. Un des grands défis du PS sera de faire comprendre aux électeurs qu'ils peuvent améliorer leur situation en s'organisant mieux, collectivement. »

En a-t-il les moyens ? En 1981, le « peuple de gauche » était encore alimenté par le bas : les syndicats, les « amicales », les cellules labouraient le terrain en continu. Le PS, sur le modèle du PC, ne rechignait pas au travail pédagogique nécessaire pour créer une dynamique à l'approche des élections et pour maintenir la fidélité entre les scrutins. Sans parler des coutumes : dans les années 1970, un Joxe ou un Chevènement dormaient chez les camarades lorsqu'ils visitaient les sections de province. Aujourd'hui, le PS est moins un parti de militants qu'un parti de notables et d'élus qui se servent du parti à des fins électives.

Il lui manque à la fois des relais dans l'opinion et cette « vision » qui permettait, hier, de rassembler autour d'un projet commun des catégories sociales distinctes : « Regardez la récente plate-forme de travail proposée par le PS, remarque Gilles Candar. On peut la trouver intéressante, mais elle reste technique. On chercherait en vain cette synthèse des espoirs que Jaurès avait su résumer dans son appel à "Rallumer tous les soleils", et Mitterrand dans sa promesse de "Changer la vie". »
L’urgence est que notre candidat (e) puisse incarner et faire vivre cette ambition.

Les raisons de se mobiliser sont pourtant aussi nombreuses, sinon plus, qu'en 1981. Le krach financier de 2008, le combat contre les inégalités criantes, l'urgence écologique, les défis de l'enseignement, le péril sur les services publics... Mais il faudrait sans doute, pour que la gauche « coagule », qu'elle rompe avec ce que Michel Winock appelle « son mauvais génie de la division, ses vieilleries idéologiques et ses comportements ¬rituels ». Qu'elle rassemble ses forces éparses, comme François Mitterrand avait si bien su le faire. Qu'elle retrouve le sens de la lutte, car « ce qui faisait le peuple de gauche, dit encore Rémi Lefebvre, c'était sa capacité à devenir soudé dans le combat et dans l'opposition » ; et qu'elle puise, surtout, dans les gisements abstentionnistes, très riches dans les classes populaires : les ouvriers français, qui forment encore un quart de la population active (environ six millions de personnes), s'abstiennent plus qu'ils ne votent FN.

Il faudra, enfin, qu'elle trace un nouvel horizon, propose un récit qui « parle » à tous : « Le grand récit du XIXe siècle a été la conquête des libertés, rappelle Frédéric Sawi¬cki. Au XXe, ce fut celui de l'égalité, avec le développement de l'Etat providence et la redistribution des richesses. Que sera celui du XXIe siècle pour la gauche ? Elle doit tracer un nouvel ¬horizon, faire une synthèse habile entre la liberté, l'égalité et l'émancipation individuelle et collective. Il lui faut surtout décider à qui s'adresse son projet. Mais ce ne sera pas facile de satisfaire en même temps les ouvriers, qui veulent fermer les frontières pour sauver leur emploi ; les fonctionnaires, qui veulent préserver leur statut ; les cadres, qui souhaitent un enseignement supérieur de qualité. »

Ce sera pourtant indispensable, si elle veut reprendre la Bastille. A observer la valse des egos sur les cendres de DSK, on peut un peu s’inquieter.


Partager

Vos commentaires


Merci pour vos questions et commentaires

Nom ou pseudo
Email
Inscription mailing list
Votre question ou commentaire
 
 

17/06/2011 20:40

Etienne    
10 mai 2011: inauguration des nouveaux locaux de l'Association des Paralysés de France (APF) voir les videos du blog. L'élu du Conseil Régional (c'est bien toi, Christophe?) oublie qu'à travers lui, ce sont ceux qui l'ont élu qui s'expriment. Il faudrait peut-être éliminer ce charabia protocolaire et insipide. Un élu de gauche n'exprime que le peuple de gauche et à toute occasion. Les discours ne sont donc ni unisexe ni à taille unique. Avoir la parole oblige. Néanmoins amicalement.

17/06/2011 00:40

Alain    
Mitterand a rassembler certes, mais ouvert la voie au libéralisme.
alors ce rassembler mais pour un vrai projet de société solidaire et attentive aux "couches sociales" en difficulté, ce qui ne signifie pas forcément assistanat. La réflexion reste encore à mener pas forcement par des énarques.

16/06/2011 10:54

coll jaime    
je pense aux jeunes qui critique tout veule tout et de suite. Qu'il rejoigne notre parti et participe avec leurs idées et face aux réalité de l'Europe et le reste du monde, construire un avenir pour tous, réduire les centrales atomiques et activer les énergies nouvelles sans déchets pour l avenir,faire comprendre aux riches que sans le monde ouvriers iles n'aurais rien

15/06/2011 16:48

ansaldi    
je pense que les militants de base crois en la gauche des elus c'est à voir il faut mobiliser tout les hommes de bonnes volontés pour redonner espoir dans l'avenir sans le fou de sarko
mario

17/06/2011 21:49

joanails     Bien vu !

14/06/2011 22:43

Lia
Le rejet de Sarkozy ne fera pas une victoire, c'est clair. Mais où est-elle "la gauche" censée faire une synthèse habile (je n'aime pas "habile", cela me fait penser à "fourbe" dans le contexte mais c'est peut-être un point de vue "rital") une synthèse, donc, entre la liberte, l'égalité ... Je passe moi aussi sur la fraternité. Et j'en reviens à cette "gauche" dont, en effet, on ne sait pas trop à qui s'adresserait son projet. Et c'est bien vrai que c'est difficile, un projet censé réussir la quadrature du cercle. Et cela semble pourtant presque facile, comparé aux difficultés de trouver où se cache cette gauche dont nous sommes si nombreux à tant espérer.
Le PC a presque disparu. Le PS ...ne couche plus chez le militant, et d'ailleurs quel PS ? Est-ce vraiment un parti "politique" ce rassemblement de personnes dont au moins cinq ou six vont se disputer les voix des électeurs des "primaires" ? Quant aux écologistes, le(la) vainqueur (c'est quoi le féminin, "vainqueuse"?) des primaires a intérêt à être pour l'arrêt du nucléaire ... bien que je vois mal les écologistes appeler à l'abstension.
Bon, envie de dire analyse très éclairée d'un point de vue général et national. Reste à "coaguler".

14/06/2011 21:19

bravo

14/06/2011 17:40

REY
Je vous invite à voir ce que propose :
http://www.pacte-civique.org
Il y a là des idées, des pistes et des engagements intéressants.
Pierre

14/06/2011 17:37

Horas
Je pense qu'il faut analyser ce problème plus simplement.
S'il y a une fracture entre le peuple de gauche et le PS c'est parce que le peuple de gauche ne se reconnait pas dans le PS. Pensez-vous que Ségolène Royal représente le peuple de gauche ou tout juste la gauche caviar? C'est une des questions que j'ai posée sur le blog de J.L Bianco et pour laquelle je n'ai pas eu de réponse. Idem pour les autres candidats du PS.
Les dirigeants du PS devraient être plus proches du peuple de gauche ( les ouvriers, les petits artisans, les étudiants, les chômeurs, les retraités,etc...) or, des années lumières nous séparent.

14/06/2011 16:29

RG
A tous les candidats potentiels du PS,
il est grand temps de prendre la mesure de vos responsabilités. Si, après la primaire, vous n'êtes pas capables de vous mettre tous et sans aucune condition au service du vainqueur quel qu'il ou qu'elle soit alors, il ne vous restera plus qu'à fermer la boutique et à trouver un emploi car vous porterez collectivement la responsabilité de l'échec. Le PS, comme le moribond PC entrera dans les livres d'histoire et la désespérance s'installant amènera directement le pays dans les bras de l'extrême droite.

14/06/2011 16:00

amh
La génération 68 qui a tellement cru à l'utopie agissante des années 70 et qui se désespère depuis x décennies des retours archaïques d'une société bloquée par manque d'ouverture et de vision du monde en mouvement, partage largement, mais devient, avec l'âge et l'expérience, sans illusion... sur la possibilité de "réenchanter l'action politique" et, en particulier dans "notre belle région"!

Haut de page | Mentions légales | Plan du site