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Peut-on repenser la ville?

Peut-on repenser la ville?

Loin des modèles de cités futuristes qui ont parfois germé dans l'esprit des architectes, élus et urbanistes sont aujourd'hui confrontés au défi de transformer la ville pour la rendre plus durable et donc plus vivable. Si les difficultés sont réelles, certaines villes s'inscrivent dans des démarches de prospective en se lançant dans d'ambitieux programmes de rénovation.

Pourrons nous pendant cette campagne présidentielle à venir poser la question du fait urbain comme un élément du débat public car nous le savons bien, en politique, celui ci, plus que la ville, est très peu abordé par le politique.

Cette absence de pensée est d’autant plus préjudiciable que les décisions, ou plus encore l’absence de décision, risquent de façonner nos territoires dans les vingt ou trente ans à venir. Et pourtant sur les phénomènes urbains, il existe une inertie que l’on peut déjà mesurer.

En France, la population urbaine a plus que doublé en soixante-dix ans, passant de 22 à 47 millions d’habitants. Tandis qu’une personne sur deux résidait en ville dans les années 1930, plus de trois sur quatre y vivent aujourd’hui, cette population se concentrant dans les zones périurbaines, très consommatrices de foncier et conduisant inéluctablement à une multiplication des déplacements du centre vers la périphérie, extrêmement préjudiciable à la qualité de l’air. C’est dire si les villes sont vulnérables au réchauffement climatique, qu’elles contribuent à favoriser. Choc démographique et bouleversement climatique ne font plus aucun doute. Dans notre Région Provence-Alpes-Côte d'Azur cette concentration est plus forte encore et son accélération spectaculaire.


Toutefois, face à ce scénario déjà écrit, les collectivités semblent avoir pris conscience de l’enjeu. Tandis que l’État s’apprête à financer 13 écocités, les villes n’ont pas attendu pour inscrire, via les “écoquartiers”, le développement de leur tissu urbain sur un mode plus durable, grâce à des innovations technologiques portant principalement sur les réseaux ou la communication, proposées par le monde de l’entreprise. Et on ne compte plus aujourd’hui les “bonnes pratiques” qui se déversent dans les villes, de l’équipement moderne touchant au mobilier urbain aux systèmes de géolocalisation appliquée aux canalisations, en passant par toutes les technologies sans fil censées simplifier la vie du citadin et qui ont fait naître la notion de “ville intelligente” ou smart city.

Mais il convient de faire attention au mirage technophile qui pourrait laisser croire qu’il fait une politique ce n’est pas parce qu’il y a de nouveaux câbles et de nouveaux fils dans une ville que l’on voudrait y vivre. Une ville peut très bien accumuler les gadgets innovants sans rien changer. Pire, lorsqu’elles ne sont pas coordonnées par une vision d’ensemble, les innovations urbaines peuvent même devenir contre-productives.  Ainsi les réseaux de transports urbains, aussi performants soient-ils, peuvent favoriser l’étalement urbain. Au-delà la conscience citoyenne du vivre différemment est loin d’être dominante. L’échec récent de la commercialisation d’un éco hameau sur Forcalquier nous montre combien le modèle de la petite maison, avec la petite piscine, le petit portail et les petits nains restent inscrit dans notre référentiel et ce quelqu’en soit les innovations.

Si elles sont parfois utiles, les innovations, ne peuvent venir qu’en complément d’une stratégie plus globale, consistant à bâtir une cité “réaliste”, à taille humaine. Un sacré défi pour les architectes et urbanistes qui œuvrent aux côtés des élus dans la transformation de la cité, pour la rendre vivable, loin des considérations simplement environnementales.

Car c’est bien là l’enjeu essentiel : comment mettre un terme à la ségrégation urbaine et à l’absence de mixité dans les quartiers ? Comment rendre finalement la ville “viable”, agréable, et attractive ? C’est à ces questions que sont confrontés les politiques et les architectes y apportent des débuts de réponse. Au-delà de tout projet futuriste de ville nouvelle bâti ex nihilo, “il s’agit à partir de l’existant de retrouver les chemins de l’urbanité en façonnant de nouvelles polarités, en mêlant les fonctions que la ville du XXe siècle a trop souvent séparées et affectées à des espaces propres”, relevait ainsi l’architecte Antoine Grumbach lors des travaux du Sénat sur l’avenir des villes. En clair, mettre un terme au modèle sectorisant la ville, au gré de l’exode rural, en trois grandes fonctions : habitat, travail, transports.
Résultat d’une combinaison adroite de ces trois champs, “la ville idéale devrait parvenir à une mixité tout autant sociale que fonctionnelle”, expose Jean-Pierre Sueur, selon qui “il ne devrait pas exister des quartiers où il n’y a que de l’habitat et des quartiers où il n’y a que du commerce”.

Concrètement, cette ville “multipolaire”, devrait être plus dense, reliée à d’autres villes grâce à une offre de transports publics bien pensée, et entrecoupée de zones vertes. Avantageuse sur un plan écologique, la ville dense, verticale et moins étalée, liée à d’autres grappes de villes moyennes, permettrait de constituer des pôles d’activité attractifs et offrant de multiples services. “Les villes qui ont le plus marqué l’Histoire sont celles où les gens aimaient se retrouver pour créer, entreprendre, parce qu’elles étaient plus ouvertes que d’autres”, relève, en historien des villes, Marc Giget, pour qui “les villes innovantes, ont finalement toujours été des cœurs de réseau”.

À la condition que les élus s’intéressent au temps des villes, temps long qui n’est pas forcément celui des politiques…
Même si certaines municipalités osent se projeter sur quinze ou vingt ans, avec la participation, parfois, de leurs habitants, la ville se heurte malheureusement à une politique encore éclatée entre des problématiques multiples – transports, climat, urbanisme et aménagement du territoire, développement économique, migration –, qui explique en soi l’absence de vision prospective. Pensée sur un mode négatif – confère l’action en faveur des banlieues –, la ville est aussi victime d’un déficit de gouvernance et de l’empilement des échelons administratifs, qui complique le pilotage à bonne échelle.

Malgré ces obstacles, la ville peut être une chance extraordinaire. De quoi rendre experts et architectes, à l’image d’Antoine Grumbach, plutôt optimistes : “Dans la complexité des problèmes à résoudre, de mobilité, d’agriculture, de « plan carbone », d’habitat, de mutations industrielles – toutes ces choses qui fonctionnent séparément –, je pense que l’on va arriver à trouver des solutions d’une façon… plus intelligente.”

 


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19/12/2011 18:01

m15
Merci de votre reaction rapide. J'espère que la SNCF vous écoutera et rectifiera la situation.

19/12/2011 8:46

L'équipe du blog à M15
Suite à votre message concernant la fermeture de guichet sur la gare SNCF de Manosque, Christophe CASTANER en a immédiatement saisi la Direction des Transports du Conseil Régional.

17/12/2011 17:53

m15
Il ya certes un grand travail de fond à effectuer à Manosque. Mais un problème nouveau dans la mobilité intervilles vient de surgir. La SNCF vient de fermer définitivement un guichet à la GARE SNCF de MANOSQUE Nous avons fait la queue un bon moment et certaines personnes auraient raté leur train sans l'intervention du nChef de gare ; UN SEUL GUICHET EST TRES INSUFFISANT; . Au vu de l'extension de Manosque c'est incompréhensible.....A part m'adresser à vous je ne connais personne et je sais que vous avez le souci de vos administrés : Mairie, conseil régionnal

15/12/2011 19:59

Christine Azières
Je connais bien deux grandes villes, Paris et Marseille.
La transformation de Paris a commencé sous Chirac, à qui il faut reconnaitre de grandes avancées. Bertrand Delanoë a fait un travail formidable ensuite, d'urbanisme et de progrès social. Quand on voit Marseille, où rien n'est organisé pour simplifier la vie des familles, on comprend bien que l'impulsion doit venir des municipalités. Ensuite, le Consei Régional a un grand rôle d'organisateur, mais ne peut rien faire sans une vision des élus muncipaux. Pour les petites villes, il faut d'être prospectif pour ne pas prendre des décisions irréversibles, et ensuite avancer point par point. Manosque a surement raté l'occasion de faire un travail de fond autour de l'arrivée d'Iter, et la ville sera difficilement récupérable.

15/12/2011 17:41

raynal
l'exode rural n'est pas né depuis hier;comme disait Pierre DAC il fallait créer des villes à la campagne.Helas ce ne fut jamais realisé et les departements comme les Alpes de Haute Provence(Basses Alpes etait plus court)deviennent des "delaissés" par le parisianisme affreux et on est devenu des paysages qui ne peuvent se developper .Mais cela vaudrait il depenser pour ameliorer les villes existantes ?il conviendrait alors de s'entourer d'urbanistes qui ne feraient pas comme Manosque qui "part dans tous les sens" ;prendre soin ensuite de penser à faire en sorte que le batis soit conforme aux aspirations des occupants;un exemple :à Forcalquier on veut créer une gare routiere mais trouver un endroit idoine releve de la quadrature du cercle parce que on n'a jamais pensé qu'un jour le probleme se poserait .Traiter l'urbanisation serait un sujet à soumettre à un doctorant en environnement

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