Il était temps de faire tomber le masque vert !
Et comme le Président fait rarement les choses à moitié, il a récemment joint le geste à la parole : promise pour le mois de juillet prochain malgré la rébellion du Conseil Constitutionnel, la taxe carbone est reportée aux calendes gréco-européennes.
L'argument européen ne tient pas la route. En effet, c'est pour toutes autres raisons que le Conseil constitutionnel avait critiqué la mesure. Il avait souligné que 93% des émissions de dioxyde de carbone d'origine industrielle auraient été totalement exonérés de contribution carbone, créant ainsi une "rupture caractérisée de l'égalité devant les charges publiques". De plus, il est faux d'affirmer que la taxe carbone nuit à la compétitivité des entreprises : ce sont au contraire les entreprises qui investissent maintenant dans l'efficacité énergétique qui résisteront mieux demain face aux effets du marché. C'est un enseignement que j'ai pu tirer de mon récent séjour en Chine qui fait de cette politique son crédo... pour des raisons économiques évidentes.
Bref, le gouvernement justifie l'injustifiable avec une ridicule pirouette dont il commence à avoir l'habitude. Pourtant, le 10 septembre 2009, Nicolas Sarkozy déclarait :
"Je l'ai signé, je le fais, c'est une question d'honnêteté. Si on ne le fait pas, on n'est pas honnête. Et la démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature qu'ils ont donnée. J'ai donné ma signature, je le fais !"
Mais la droite gouvernementale ne trompe plus personne, et les écologistes n'hésitent plus à affirmer leur déception face aux suites du Grenelle de l'environnement. Ainsi, la Fondation Nicolas Hulot claque la porte du Grenelle afin de marquer sa déception après "l'abandon pur et simple" de la taxe carbone par le gouvernement ; ça a le mérite d'être clair !
Cet épisode jouera un rôle important dans la vie politique française et l'histoire du mouvement écologiste. Ceux qui avaient pensé utile de jouer le jeu d'un espace politique ouvert par la droite à travers le Grenelle de l'environnement en sont pour leurs frais. L'engagement du Président de la République n'était pas sincère et la droite retrouve progressivement son vrai visage : celui d'une idéologie libérale qui méprise les hommes comme l'environnement. On comprend que Chantal Jouanno se dise désespérée. Le mirage d'une écologie de droite s'efface, l'efficacité d'un engagement associatif ou apolitique au service du développement durable apparaît comme sujet à caution. C'est bien à gauche que s'écrira l'histoire de la transformation écologique de notre société.
03/05/2010 13:02
patricia klemensiewicz
Très belle photo fiction du petit père du peuple mais cauchemardesque si elle se révèle être notre future réalité.
Merci de savoir que( à propos d'écologie) hier, Dimanche 2 mai, innocemment bucolique, j'emmène un copain et mes chiens se dégourdir l'esprit à Dauphin, route de la Mort d'Imbert où se trouve un ravissant ruisseau gorgé de cette énergie printanière. Une forte odeur de station essence me surprend et deux hommes, épuisette en main draguent le dit ru. Questionné par l'odeur, il m'annonce l'accident de Géosel et me prie de ne pas faire boire les chiens car toute la zone est polluée et toute la faune est morte sans aucune exception. Voilà comment nous sommes informés, avertis et protégés. Notre région fait tant d'envieux, le rêve d'un Luberon où l'on vient croire couler des jours heureux dans une nature respectée.
Je voulais que vous sachiez ceci.
Avec le respect qui vous est dû.
Patricia Klemensiewicz
02/05/2010 10:50
Dubinsky Monique
Depuis bien des années j'attends que la "transformation écologique de la société" s'écrive dans le contexte des mouvements de la gauche française. Et surtout au PS. Mais l'évolution des sensibilités est lente. Il y a même eu des reculs au moment où les écologistes perdaient de la crédibilité et les voix des électeurs. Il y a des mythes auxquels il va falloir tordre le cou pour faire changer les mentalités au sein du mouvement. Comme celui de croire que l'on a pas les moyens d'adopter des comportements et des pratiques qui respectent l'environnement.
En effet, ce sont les entreprises qui s'efforcent de travailler proprement qui seront les plus à même de répondre aux défis futurs.
Héritiers d'une tradition ouvrière et de ses combats le PS aura besoin d'opérer en son sein une véritable révolution culturelle pour oser s'engager avec audace dans une politique environnementale que j'appelle de tous mes voeux depuis si longtemps. Mais ce n'est pas en quelques lignes que l'on peut démonter les mécanismes qui l'ont empêché de le faire jusqu'ici.
Maintenant que la droite a montré son vrai visage avec autant d'indécence et de mépris pour tous ceux qui se sont associés au Grenelle, il y a peut-être une place à prendre de vitesse.
30/04/2010 17:36
raynal