Le succès populaire remporté par cette proposition de loi constitutionnelle nous permet d'espérer parvenir à terme à la signature de cette pétition par un dixième du corps électoral, soit 4,4 millions de signataires, pour obtenir du gouvernement l'organisation d'un référendum d'initiative populaire.
La votation citoyenne: une première
Au delà d'un «attachement profond de la population au service public de la Poste» et à son «rôle de lien social indispensable et irremplaçable», ce résultat marque aussi le succès de la votation citoyenne, forme de mobilisation inédite, sans valeur juridique mais à fort impact politique, arme des plus efficaces pour s'emparer d'un débat public.Au fil de la semaine de votation, ce sont 10 000 bureaux de vote qui se sont ouverts.
Mais à ce jour, nous ne pouvons contraindre juridiquement le gouvernement à organiser un référendum en bonne et due forme sur le statut de la Poste. En effet la promesse de Nicolas Sarkozy sur le sujet se heurte à l'absence de texte d'application sur le droit au référendum d'initiative populaire, dispositif prévu dans la réforme constitutionnelle de juillet 2008.
Mais au-delà, les règles imposées ( un tiers des parlementaires et 4,5 millions de pétitionnaires ) rendent bien hypothétiques cette perspective.
Le PS tentera tout de même le coup en déposant une proposition de loi le 15 octobre pour demander un référendum, les sénateurs PCF et PG défendront une «motion référendaire», le comité, fort des plus de deux millions de votes, va, évidemment, demander de nouveau l'ouverture d'un débat public. Et appelle le gouvernement à «renoncer définitivement» à sa réforme.